Referat Le cid

Incarcat la data: 27 Martie 2006

Autor: Iulia Andreea

Pret: 50 credite

5 (2 review-uri)
LE CID De Pierre Corneille 1660 Ce poeme a tant d'avantages du cote du sujet et des pensees brillantes dont il est seme, que la plupart de ses auditeurs n'ont pas voulu voir les defauts de sa conduite, et ont laisse enlever leurs suffrages au plaisir que leur a donne sa representation. Bien que ce soit celui de tous mes ouvrages reguliers ou je me suis permis le plus de licence, il passe encore pour le plus beau aupres de ceux qui ne s'attachent pas a la derniere severite des regles; et depuis cinquante ans qu'il tient sa place sur nos theatres, l'histoire ni l'effort de l'imagination n'y ont rien fait voir qui en aye efface l'eclat. Aussi a-t-il les deux grandes conditions que demande Aristote aux tragedies parfaites, et dont l'assemblage se rencontre si rarement chez les anciens ni chez les modernes; il les assemble meme plus fortement et plus noblement que les especes que pose ce philosophe. Une maitresse que son devoir force a poursuivre la mort de son amant, qu'elle tremble d'obtenir, a les passions plus vives et plus allumees que tout ce qui peut se passer entre un mari et sa femme, une mere et son fils, un frere et sa soeur; et la haute vertu dans un naturel sensible a ces passions, qu'elle dompte sans les affaiblir, et a qui elle laisse toute leur force pour en triompher plus glorieusement, a quelque chose de plus touchant, de plus eleve et de plus aimable que cette mediocre bonte, capable d'une faiblesse, et meme d'un crime, ou nos anciens etaient contraints d'arreter le caractere le plus parfait des rois et des princes dont ils faisaient leurs heros, afin que ces taches et ces forfaits, defigurant ce qu'ils leur laissaient de vertu, s'accommodassent au gout et aux souhaits de leurs spectateurs, et fortifiassent l'horreur qu'ils avaient conue de leur domination et de la monarchie. Rodrigue suit ici son devoir sans rien relacher de sa passion; Chimene fait la meme chose a son tour, sans laisser ebranler son dessein par la douleur ou elle se voit abimee par la; et si la presence de son amant lui fait faire quelque faux pas, c'est une glissade dont elle se releve a l'heure meme; et non seulement elle connait si bien sa faute qu'elle nous en avertit, mais elle fait un prompt desaveu de tout ce qu'une vue si chere lui a pu arracher. Il n'est point besoin qu'on lui reproche qu'il lui est honteux de souffrir l'entretien de son amant apres qu'il a tue son pere; elle avoue que c'est la seule prise que la medisance aura sur elle. Si elle s'emporte jusqu'a lui dire qu'elle veut bien qu'on sache qu'elle l'adore et le poursuit, ce n'est point une resolution si ferme, qu'elle l'empeche de cacher son amour de tout son possible lorsqu'elle est en la presence du Roi. S'il lui echappe de l'encourager au combat contre don Sanche par ces paroles : Son vainqueur d'un combat dont Chimene est le prix, elle ne se contente pas de s'enfuir de honte au meme moment; mais sitot qu'elle est avec Elvire a qui elle ne deguise rien de ce qui se passe dans son ame, et que la vue de ce cher objet ne lui fait plus violence, elle forme un souhait plus raisonnable, qui satisfait sa vertu et son amour tout ensemble, et demande au ciel que le combat se termine Sans faire aucun des deux ni vaincu ni vainqueur. Si elle ne dissimule point qu'elle penche du cote de Rodrigue, de peur d'etre a don Sanche, pour qui elle a de l'aversion, cela ne detruit point la protestation qu'elle a faite un peu auparavant, que malgre la loi de ce combat, et les promesses que le Roi a faites a Rodrigue, elle lui fera mille autres ennemis, s'il en sort victorieux. Ce grand eclat meme qu'elle laisse faire a son amour apres qu'elle le croit mort, est suivi d'une opposition vigoureuse a l'execution de cette loi qui la donne a son amant, et elle ne se tait qu'apres que le Roi l'a differee, et lui a laisse lieu d'esperer qu'avec le temps il y pourra survenir quelque obstacle. Je sais bien que le silence passe d'ordinaire pour une marque de consentement; mais quand les rois parlent, c'en est une de contradiction: on ne manque jamais a leur applaudir quand on entre dans leurs sentiments; et le seul moyen de leur contredire avec le respect qui leur est du, c'est de se taire, quand leurs ordres ne sont pas si pressants qu'on ne puisse remettre a s'excuser de leur obeir lorsque le temps en sera venu, et conserver cependant une esperance legitime d'un empechement, qu'on ne peut encore determinement prevoir. Il est vrai que dans ce sujet il faut se contenter de tirer Rodrigue de peril, sans le pousser jusqu'a son mariage avec Chimene. Il est historique, et a plu en son temps; mais bien surement il deplairait au notre; et j'ai peine a voir que Chimene y consente chez l'auteur espagnol, bien qu'il donne plus de trois ans de duree a la comedie qu'il en a faite. Pour ne pas contredire l'histoire, j'ai cru ne me pouvoir dispenser d'en jeter quelque idee, mais avec incertitude de l'effet; et ce n'etait que par la que je pouvais accorder la bienseance du theatre avec la verite de l'evenement. Les deux visites que Rodrigue fait a sa maitresse ont quelque chose qui choque cette bienseance de la part de celle qui les souffre; la rigueur du devoir voulait qu'elle refusat de lui parler, et s'enfermat dans son cabinet au lieu de l'ecouter, mais permettez-moi de dire avec un des premiers esprits de notre siecle "que leur conversation est remplie de si beaux sentiments, que plusieurs n'ont pas connu ce defaut, et que ceux qui l'ont connu l'ont tolere." J'irai plus outre, et dirai que tous presque ont souhaite que ces entretiens se fissent; et j'ai remarque aux premieres representations, qu'alors que ce malheureux amant se presentait devant elle, il s'elevait un certain fremissement dans l'assemblee, qui marquait une curiosite merveilleuse, et un redoublement d'attention pour ce qu'ils avaient a se dire dans un etat si pitoyable. Aristote dit qu'il y a des absurdites qu'il faut laisser dans un poeme, quand on peut esperer qu'elles seront bien reues; et il est du devoir du poete, en ce cas, de les couvrir de tant de brillants, qu'elles puissent eblouir. Je laisse au jugement de mes auditeurs si je me suis assez bien acquitte de ce devoir pour justifier par la ces deux scenes. Les pensees de la premiere des deux sont quelquefois trop spirituelles pour partir de personnes fort affligees; mais outre que je n'ai fait que la paraphraser de l'espagnol, si nous ne nous permettions quelque chose de plus ingenieux que le cours ordinaire de la passion, nos poemes ramperaient souvent, et les grandes douleurs ne mettraient dans la bouche de nos acteurs que des exclamations et des helas. Pour ne deguiser rien, cette offre que fait Rodrigue de son epee a Chimene, et cette protestation de se laisser tuer par don Sanche, ne me plairaient pas maintenant. Ces beautes etaient de mise en ce temps-la, et ne le seraient plus en celui-ci. La premiere est dans l'original espagnol, et l'autre est tiree sur ce modele. Toutes les deux ont fait leur effet en ma faveur; mais je ferais scrupule d'en etaler de pareilles a l'avenir sur notre theatre. J'ai dit ailleurs ma pensee touchant l'Infante et le Roi; il reste neanmoins quelque chose a examiner sur la maniere dont ce dernier agit, qui ne parait pas assez vigoureuse, en ce qu'il ne fait pas arreter le Comte apres le soufflet donne, et n'envoie pas des gardes a don Diegue et a son fils. Sur quoi on peut considerer que don Fernand etant le premier roi de Castille, et ceux qui en avaient ete maitres auparavant lui n'ayant eu titre que de comtes, il n'etait peut-etre pas assez absolu sur les grands seigneurs de son royaume pour le pouvoir faire. Chez don Guillen de Castro, qui a traite ce sujet avant moi, et qui devait mieux connaitre que moi quelle etait l'autorite de ce premier monarque de son pays, le soufflet se donne en sa presence et en celle de deux ministres d'Etat, qui lui conseillent, apres que le Comte s'est retire fierement et avec bravade, et que don Diegue a fait la meme chose en soupirant, de ne le pousser point a bout, parce qu'il a quantite d'amis dans les Asturies, qui se pourraient revolter, et prendre parti avec les Maures dont son Etat est environne. Ainsi il se resout d'accommoder l'affaire sans bruit, et recommande le secret a ces deux ministres, qui ont ete seuls temoins de l'action. C'est sur cet exemple que je me suis cru bien fonde a le faire agir plus mollement qu'on ne ferait en ce temps-ci, ou l'autorite royale est plus absolue. Je ne pense pas non plus qu'il fasse une faute bien grande de ne jeter point l'alarme de nuit dans sa ville, sur l'avis incertain qu'il a du dessein des Maures, puisqu'on faisait bonne garde sur les murs et sur le port; mais il est inexcusable de n'y donner aucun ordre apres leur arrivee, et de laisser tout faire a Rodrigue. La loi du combat qu'il propose a Chimene avant que de le permettre a don Sanche contre Rodrigue, n'est pas si injuste que quelques-uns ont voulu le dire, parce qu'elle est plutot une menace pour la faire dedire de la demande de ce combat, qu'un arret qu'il lui veuille faire executer. Cela parait en ce qu'apres la victoire de Rodrigue il n'en exige pas precisement l'effet de sa parole, et la laisse en etat d'esperer que cette condition n'aura point de lieu. Je ne puis denier que la regle des vingt et quatre heures presse trop les incidents de cette piece. La mort du Comte et l'arrivee des Maures s'y pouvaient entre-suivre d'aussi pres qu'elles font, parce que cette arrivee est une surprise qui n'a point de communication ni de mesures a prendre avec le reste, mais il n'en va pas ainsi du combat de don Sanche, dont le Roi etait le maitre, et pouvait lui choisir un autre temps que deux heures apres la fuite des Maures. Leur defaite avait assez fatigue Rodrigue toute la nuit pour meriter deux ou trois jours de repos, et meme il y avait quelque apparence qu'il n'en etait pas echappe sans blessures, quoique je n'en aye rien dit, parce qu'elles n'auraient fait que nuire a la conclusion de l'action. Cette meme regle presse aussi trop Chimene de demander justice au Roi la seconde fois. Elle l'avait fait le soir d'auparavant, et n'avait aucun sujet d'y retourner le lendemain matin pour en importuner le Roi, dont elle n'avait encore aucun lieu de se plaindre, puisqu'elle ne pouvait encore dire qu'il lui eut manque de promesse. Le roman lui aurait donne sept ou huit jours de patience avant que de l'en presser de nouveau; mais les vingt et quatre heures ne l'ont pas permis: c'est l'incommodite de la regle. Passons a celle de l'unite de lieu, qui ne m'a pas donne moins de gene en cette piece. Je l'ai place dans Seville, bien que don Fernand n'en ait jamais ete le maitre; et j'ai ete oblige a cette falsification, pour former quelque vraisemblance a la descente des Maures, dont l'armee ne pouvait venir si vite par terre que par eau. Je ne voudrais pas assurer toutefois que le flux de la mer monte effectivement jusque-la; mais comme dans notre Seine il fait encore plus de chemin qu'il ne lui en faut faire sur le Guadalquivir pour battre les murailles de cette ville, cela peut suffire a fonder quelque probabilite parmi nous, pour ceux qui n'ont point ete sur le lieu meme. Cette arrivee des Maures ne laisse pas d'avoir ce defaut, que j'ai marque ailleurs, qu'ils se presentent d'eux-memes, sans etre appeles dans la piece directement ni indirectement, par aucun acteur du premier acte. Ils ont plus de justesse dans l'irregularite de l'auteur espagnol: Rodrigue, n'osant plus se montrer a la cour, les va combattre sur la frontiere; et ainsi le premier acteur les va chercher, et leur donne place dans le poeme, au contraire de ce qui arrive ici, ou ils semblent se venir faire de fete expres pour en etre battus, et lui donner moyen de rendre a son roi un service d'importance qui lui fasse obtenir sa grace. C'est une seconde incommodite de la regle dans cette tragedie. Tout s'y passe donc dans Seville, et garde ainsi quelque espece d'unite de lieu en general; mais le lieu particulier change de scene en scene, et tantot c'est le palais du Roi, tantot l'appartement de l'Infante, tantot la maison de Chimene, et tantot une rue ou place publique. On le determine aisement pour les scenes detachees; mais pour celles qui ont leur liaison ensemble, comme les quatre dernieres du premier acte, il est malaise d'en choisir un qui convienne a toutes. Le Comte et don Diegue se querellent au sortir du palais; cela se peut passer dans une rue; mais apres le soufflet reu, don Diegue ne peut pas demeurer en cette rue a faire ses plaintes, attendant que son fils survienne, qu'il ne soit tout aussitot environne de peuple; et ne reoive l'offre de quelques amis. Ainsi il serait plus a propos qu'il se plaignit dans sa maison, ou le met l'Espagnol, pour laisser aller ses sentiments en liberte; mais en ce cas il faudrait delier les scenes comme il a fait. En l'etat ou elles sont ici, on peut dire qu'il faut quelquefois aider au theatre, et suppleer favorablement ce qui ne s'y peut representer. Deux personnes s'y arretent pour parler, et quelquefois, il faut presumer qu'ils marchent, ce qu'on ne peut exposer sensiblement a la vue, parce qu'ils echapperaient aux yeux avant que d'avoir pu dire ce qu'il est necessaire qu'ils fassent savoir a l'auditeur. Ainsi, par une fiction de theatre, on peut s'imaginer que don Diegue et le Comte, sortant du palais du Roi, avancent toujours en se querellant, et sont arrives devant la maison de ce dernier lorsqu'il reoit le soufflet qui l'oblige a y entrer pour y chercher du secours. Si cette fiction poetique ne vous satisfait point, laissons-le dans la place publique; et disons que le concours du peuple autour de lui apres cette offense, et les offres de service que lui font les premiers amis qui s'y rencontrent, sont des circonstances que le roman ne doit pas oublier; mais que ces menues actions ne servant de rien a la principale, il n'est pas besoin que le poete s'en embarrasse sur la scene. Horace l'en dispense par ces vers : Hoc amet, hoc spernat promissi carminis auctor; Pleraque negligat. Et ailleurs, Semper ad eventum festinet. C'est ce qui m'a fait negliger, au troisieme acte, de donner a don Diegue, pour aide a chercher son fils, aucun des cinq cents amis qu'il avait chez lui. Il y a grande apparence que quelques-uns d'eux l'y accompagnaient, et meme que quelques autres le cherchaient pour lui d'un autre cote; mais ces accompagnements inutiles de personnes qui n'ont rien a dire, puisque celui qu'ils accompagnent a seul tout l'interet a l'action, ces sortes d'accompagnements, dis-je, ont toujours mauvaise grace au theatre, et d'autant plus que les comediens n'emploient a ces personnages muets que leurs moucheurs de chandelles et leurs valets, qui ne savent quelle posture tenir. Les funerailles du Comte etaient encore une chose fort embarrassante, soit qu'elles se soient faites avant la fin de la piece, soit que le corps aye demeure en presence dans son hotel, attendant qu'on y donnat ordre. Le moindre mot que j'en eusse laisse dire, pour en prendre soin, eut rompu toute la chaleur de l'attention et rempli l'auditeur d'une facheuse idee. J'ai cru plus a propos de les derober a son imagination par mon silence, aussi bien que le lieu precis de ces quatre scenes du premier acte dont je viens de parler; et je m'assure que cet artifice m'a si bien reussi, que peu de personnes ont pris garde a l'un ni a l'autre et que la plupart des spectateurs, laissant emporter leurs esprits a ce qu'ils ont vu et entendu de pathetique en ce poeme, ne se sont point avises de reflechir sur ces deux considerations. J'acheve par une remarque sur ce que dit Horace, que ce qu'on expose a la vue touche bien plus que ce qu'on n'apprend que par un recit. Segnius irritant animos demissa per aurem, Quam quae sunt oculis subjecta fidelibus... De Arte Poetica, V. 180. C'est sur quoi je me suis fonde pour faire voir le soufflet que reoit don Diegue, et cacher aux yeux la mort du Comte, afin d'acquerir et conserver a mon premier acteur l'amitie des auditeurs, si necessaire pour reussir au theatre. L'indignite d'un affront fait a un vieillard, charge d'annees et de victoires, les jette aisement dans le parti de l'offense; et cette mort, qu'on vient dire au Roi tout simplement sans aucune narration touchante, n'excite point en eux la commiseration qu'y eut fait naitre le spectacle de son sang, et ne leur donne aucune aversion pour ce malheureux amant, qu'ils ont vu force par ce qu'il devait a son honneur d'en venir a cette extremite, malgre l'interet et la tendresse de son amour.

Textul de mai sus reprezinta un extras din "Referat Le cid". Pentru versiunea completa a documentului apasa butonul Download si descarca fisierul pe calculatorul tau. Prin descarcarea prezentei lucrari stiintifice, orice utilizator al site-ului www.studentie.ro declara si garanteaza ca este de acord cu utilizarile permise ale acesteia, in conformitate cu prevederile legale ablicabile in domeniul proprietatii intelectuale si in domeniul educatiei din legislatia in vigoare.

In cazul in care intampini probleme la descarcarea fisierului sau documentul nu este nici pe departe ceea ce se doreste a fi te rugam sa ne anunti. Raporteaza o eroare

Important!

Referatele si lucrarile oferite de Studentie.ro au scop educativ si orientativ pentru cercetare academica.

Iti recomandam ca referatele pe care le downloadezi de pe site sa le utilizezi doar ca sursa de inspiratie sau ca resurse educationale pentru conceperea unui referat nou, propriu si original.