Dans les annees 80, les stars d'Hollywood ne scintillent plus. A peine les apercoit-on, cheveux degoulinants, poussant poussette comme presque tout le monde au detour de photos volees. C'est alors que surgissent des creatures sublimes, affichant leur 90-60-90 en couverte des magazines. Pour toute richesse, elles ont leur beaute. Pour toute identite, elles ont des prenoms: Linda, Claudia, Naomi. Filles de fermiers ou filles de bourgeois, elles fuient les dictatures de l'Est, les ghettos minoritaires ou simplement un monde juge trop gris, pour devenir les reines des capitales de la mode et epouser des presque princes.
En 1990, elles etaient dix a gagner plus d'un million de dollars par an. En 1997, cette somme parait derisoire au vu des contrats publicitaires de plusieurs dizaines de millions de dollars. Depuis plus d'un demi-siecle, les agents ont patiemment modele l'image du top model. De la jeune fille de bonne famille a la belle aristo, cousine de Lady Di, en passant par la serveuse de drugstore, ils ont su, grâce a une ingeniosite remarquable - d'autres diront machiavelisme -, bâtir des mythes pour en retirer, toujours dans l'ombre, beaucoup d'argent.










